Diversité de la Démocratie - 17 et 18 décembre 2015 - Théorie comparatisme : les pays de la Mélanésie

Catégorie
Evenement
Date
17 décembre 2015 - 18 décembre 2015
Lieu
Salles de conférence de la Communauté du Pacifique, Nouméa

Colloque organisé les 17 et 18 décembre 2015

Salle de conférences de la Communauté du Pacifique, Nouméa

 

Par la Maison de la Mélanésie, Nouméa,

l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence,

l'Institut Louis Favoreu d'Aix-Marseille Université,

le Centre Michel de l'Hospital de l'Ecole de droit de l'Université d'Auvergne et le laboratoire de recherche Gouvernance et développement insulaire de l'Université de Polynésie Française

 

Sous la direction de Florence FABERON,

Maître de conférences de droit public, HDR,

Ecole de droit de l'Université d'Auvergne,

Centre Michel de l'Hospital (EA 4232)

 

 Programme (fichier au format PDF à télécharger) : 

 

Théorie et comparatisme : les pays de la Mélanésie


Démocratie : pouvoir du peuple. Mais de quel peuple, de quels peuples ? Tous les peuples ne sont pas identiques, loin s'en faut. Sauraient-ils dès lors se donner le même type de pouvoir ? Le pourraient-ils ? Le voudraient-ils ?
Les types d'organisation du pouvoir ont vocation universelle : pouvoir d'un seul, de quelques-uns, de tous c'est-à-dire du peuple. Le progrès s'entendant dans le respect de chacun et de tous, les hommes ont généralement lutté pour se donner une organisation sociale où le pouvoir émane d'eux-mêmes dans leur diversité : du peuple, une organisation démocratique. La démocratie veut concilier le pluralisme et la cohésion sociale.
Les États de l'Occident européen et américain évoquent leur paternité de ce qui fait la démocratie, étant entendu que l'Antiquité grecque et latine était déjà riche de réflexions et de pratiques relatives au champ de la démocratie.
Pourtant, il existe bien une vocation globale de la démocratie, par sa nature et par son succès historique. La démocratie a gagné du terrain et a étendu son influence à tous les continents. Cela ne pouvait évidemment se produire qu'en procédant à des adaptations.
Peut-on vraiment adopter une typologie où la catégorie « démocratie » convient pour englober un ensemble de régimes sensiblement différenciés ? Est-ce là la preuve de la réussite totalisante de la démocratie ou au contraire la voie de la dégradation d'une notion attrape-tout ? Il est vrai aussi que la démocratie décèle une puissance subversive capable, selon le contexte, d'entraîner des dérives et donc de susciter des réserves.
Pour avancer dans ces réflexions, il convient de caractériser les valeurs fondamentales minimales, les exigences indispensables sans lesquelles on ne saurait parler de démocratie. On les cherchera dans deux voies : celle du droit, de l'État de droit, du respect de la règle, de moyens juridiques et judiciaires destinés à assurer la solidité de la pyramide des normes à la base de laquelle s'émet la volonté du peuple ; et celle de la politique, de l'effectivité des libertés d'expression, d'association, de la controverse politique et des garanties des minorités, des contre-pouvoirs et de la détermination commune des politiques publiques d'intérêt général.
Comment ces cadres fondamentaux peuvent-ils baliser des réalités différentes, par l'histoire et la géographie, par la sociologie et les cultures ? Quelles sont les marges d'adaptation propres des régimes ? Quand leurs caractères en viennent-ils aux confins de la démocratie, et quand en sortent-ils ?
Nous porterons nos analyses sur un ensemble de pays caractérisé par sa situation géographique aux antipodes du berceau de la démocratie, et par la diversité de ses territoires liés cependant sur le plan non seulement géographique mais aussi ethnique et historique : la Mélanésie.
Elle est composé de cinq pays très différents, tout en étant les cinq terres mélanésiennes occupées par les peuples mélanésiens : Fidji, la Nouvelle-Calédonie, la Papouasie Nouvelle-Guinée, les îles Salomon et le Vanuatu.
Fidji, avec 18 000 km2 et 832 000 habitants, est un État de tradition militaire affirmée, le seul de la Mélanésie. Il est caractérisé par le problème posé par l'importance de la communauté indienne qui y est établie depuis la colonisation britannique.
La Nouvelle-Calédonie est le seul pays de la Mélanésie qui n'a pas la forme d'État indépendant (et où les Mélanésiens sont minoritaires). Ce territoire français (18 000 km2 et 268 000 habitants) est doté d'une grande autonomie.
La Papouasie Nouvelle-Guinée a l'originalité de ne pas être, comme les autres, un archipel d'îles petites et moyennes, à faible population. C'est un grand territoire de 462 000 km2 peuplé de 8 millions d'habitants (et d'innombrables ethnies).
Les îles Salomon, avec leurs 581 000 habitants sur 28 000 km2, sont membres du Commonwealth britannique comme la Papouasie Nouvelle-Guinée.
Le Vanuatu, anciennes Nouvelles-Hébrides (12 000 km2 et 261 000 habitants) a été un condominium franco-britannique, héritage complexe à assumer dans ce qui apparaît bien comme un micro-État.
Ces cinq pays établissent chacun à sa manière l'État de droit et le pluralisme politique. Démocratiques, ils le sont diversement. Nos travaux permettront de préciser la diversité du champ d'exercice de la démocratie.

 

 
 

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  • Du 17 décembre 2015 au 18 décembre 2015